Efficacité énergétique : pleins feux sur le chauffage

Chauffer son logement différemment : une nécessité

Le Jour du dépassement, c’est-à-dire le jour où l’humanité a épuisé les ressources annuelles de la Terre, arrive chaque année un peu plus tôt. En 2019, il tombait le 29 juillet, alors qu’il y a vingt ans, l’homme parvenait à vivre deux mois de plus avec les dons de Mère Nature.

Le rythme effréné auquel nous consommons nos ressources écologiques a des conséquences drastiques – déforestation, hausse des émissions de CO2 – qui, à leur tour, produisent des effets tout aussi funestes : nul n’ignore les conditions météorologiques extrêmes causées par le changement climatique. Pensons simplement aux canicules, dont la fréquence ne cesse d’augmenter. Durant l’été 2019, la Belgique a pulvérisé son record national de chaleur (avec 41,8 °C), au même titre que ses pays voisins. Et cette tendance ne fera que s’affirmer à l’avenir.

Si nous voulons que les ressources de Mère Nature couvrent tous nos besoins jusqu’au 31 décembre, nous devons d’abord réduire nos émissions de gaz à effet de serre, qui représentent à elles seules 60 % de l’empreinte écologique mondiale.

La façon dont vous chauffez votre logement peut faire une réelle différence. D’ailleurs, un système de chauffage efficace et durable ménage à la fois l’environnement et votre portefeuille. Le chauffage est, en effet, extrêmement énergivore.

Certes, il n’est pas toujours facile de savoir par où commencer pour inverser la tendance sans perdre en confort thermique. Ci-après, nous étudions quelques points de vigilance fondamentaux en vue d’un chauffage plus efficace et durable.

1. Un logement efficace en énergie

Avant tout, il importe de garantir l’efficacité énergétique de votre habitation. Il ne sert à rien d’investir dans une pompe à chaleur si la chaleur produite s’échappe aussitôt par votre toit mal isolé.

1.1 La valeur PEB

Le coefficient PEB, acronyme de « performance énergétique des bâtiments », vous donne un indice de l’efficacité énergétique de votre logement. Le chiffre exprime (en kWh/m2) la quantité d’énergie consommée chaque année par votre habitation, notamment pour le chauffage, eau chaude sanitaire comprise. Cette consommation est influencée par l’éventuelle présence de sources d’énergie renouvelables, mais aussi par le niveau d’isolation, notamment.

  • Mais qu’est-ce donc qu’un bon score PEB ? Nous vous expliquons sur notre blog pourquoi le nombre de façades fait une différence, quel score convient à quel type de logement et à quoi correspondent les étiquettes énergétiques pour les habitations.

1.2 (Mieux) isoler votre logement

La valeur PEB de votre logement est-elle perfectible ? Dans ce cas, commencez par mieux l’isoler pour bien conserver la chaleur. Sachez qu’un toit mal isolé représente 30 % des déperditions thermiques d’une habitation, chiffre qui est de 25 % pour les murs. Quant à votre façade, vous avez le choix entre l’isolation des parois creuses et l’isolation intérieure ou extérieure des murs.

Certes, l’isolation du toit et des murs requiert des travaux relativement importants. Heureusement, il existe des techniques d’isolation moins radicales, comme des brise-bise à coller aux portes et fenêtres ou l’isolation des conduites de votre installation de chauffage.

Une autre façon d’économiser de l’énergie tout en gagnant en confort consiste à installer du vitrage haut rendement ou du triple vitrage. Optez ce faisant pour des fenêtres à faible valeur U. Le coefficient U indique la qualité de l’isolation du verre et du châssis. Plus il est faible, moins il y aura de déperditions thermiques. Imaginons qu’il fait 0 °C dehors et 20 °C à l’intérieur : dans ce cas, une fenêtre à simple vitrage avec une valeur U de 5,8 affichera une température de 5,6 °C à l’intérieur, tandis que celle-ci sera de 18,5 °C en cas de triple vitrage avec une valeur U de 0,6.

Vous souhaitez aller plus loin encore dans les solutions de chauffage durables et efficaces ? Dans ce cas, penchez-vous sur votre installation de chauffage !

Efficacité énergétique : pleins feux sur le chauffage

2. Optimiser votre installation de chauffage

Depuis l’entrée en vigueur de la directive européenne ErP, l’efficacité énergétique saisonnière pour le chauffage des locaux ne doit pas passer sous la barre des 86% pour les nouvelles chaudières au mazout. L’efficacité énergétique est le rapport entre la performance d’un appareil et l’énergie qu’il consomme.

L’efficacité énergétique saisonnière exprime, quant à elle, le rapport entre la demande de chauffage des locaux pour une saison donnée (couverte par un dispositif de chauffage) et la consommation d’énergie nécessaire pour satisfaire cette demande.

Les chaudières neuves sont dotées d’une étiquette énergétique européenne B ou A (obligatoire depuis 2015). Les chaudières au label A sont jusqu’à 30 % plus économes que les anciens modèles ; comprenez qu’elles vous permettent d’économiser 30 % sur votre facture d’énergie.

À chaque génération d’installations correspondent des mesures et interventions spécifiques en vue de leur optimisation. Vous voulez savoir comment exploiter au mieux votre dispositif de chauffage ?

  • Notre outil vous procure des conseils utiles pour optimiser votre installation, qui vous aideront à demander un devis détaillé à votre chauffagiste.
Installer une nouvelle chaudière

2.1 Installer une nouvelle chaudière

Si votre chaudière n’est plus de première jeunesse (c’est-à-dire, si elle a plus de vingt ans) et/ou si elle consomme beaucoup, mieux vaut la remplacer.

Remplacer une vieille chaudière au mazout vous permet de réaliser d’importantes économies, tant financières qu’énergétiques.

Vous avez tranché et décidé de partir en quête d’une nouvelle chaudière ? Dans ce cas, optez avant tout pour une installation adaptée aux besoins thermiques de votre logement. Sachant que votre nouvelle chaudière n’aura sans doute pas la même puissance que l’ancienne, nous vous conseillons de bien vous renseigner auprès de votre chauffagiste. Une chaudière à puissance supérieure requiert davantage d’énergie pour générer de la chaleur. Or, si vos besoins thermiques sont limités, votre chaudière sera surdimensionnée – c’est-à-dire que vous consommerez plus d’énergie que nécessaire.

La chaudière au mazout à haut rendement la plus économe en énergie est la chaudière à condensation (étiquette énergétique A). Avec un rendement utile jusqu’à 98 %, une telle installation convertit pratiquement toute l’énergie du combustible en chaleur.

Soucieux de connaître la meilleure solution pour remplacer une chaudière au mazout classique, nous avons mené une étude. Résultat : la chaudière à condensation au mazout (dont le coût global annuel* s’élève à 3 402 €) offre le plus grand avantage financier. Ceci dit, l’option la plus durable consiste à combiner cette chaudière à condensation avec un chauffe-eau solaire. Il est donc temps de jeter un coup d’œil aux énergies renouvelables !

2.2 Associer mazout et énergies renouvelables

Le mazout n’a pas encore dit son dernier mot. En effet, les systèmes de chauffage modernes qui utilisent ce combustible ne s’avèrent pas seulement efficaces et performants, mais ils se combinent aussi à merveille avec une source d’énergie renouvelable.

En combinant votre chaudière au mazout avec une énergie renouvelable, produite par une pompe à chaleur ou un chauffe-eau solaire, vous profitez de la chaleur gratuite de Mère Nature. Un dispositif de chauffage hybride qui associe chaudière au mazout et pompe à chaleur constitue la solution idéale pour les habitations existantes munies de radiateurs. La pompe à chaleur fonctionne lorsqu’il ne fait pas trop chaud, la chaudière prend le relais quand le mercure est au plus bas.

Le chauffe-eau solaire, quant à lui, est surtout utilisé pour la production d’eau chaude sanitaire. Mais il existe aussi des modèles qui préchauffent l’eau de la chaudière. Résultat : votre chaudière consomme moins d’énergie pour chauffer l’eau des radiateurs et vous réalisez des économies.

Envie de calculer les économies d’énergie et d’argent que vous réaliseriez en couplant votre chaudière à un chauffe-eau solaire ?

régler votre installation de chauffage

2.3 Bien régler votre installation de chauffage

Vous souhaitez garantir l’efficacité de votre chauffage ? En plus d’acheter une bonne installation, il importe de régler correctement votre chaudière. La plupart des chaudières récentes basculent automatiquement en mode été ou hiver et sont régulées en température « glissante » : cela signifie qu’elles décident, en toute autonomie, de la bonne température de départ de l’eau pour chauffer votre logement à la température souhaitée. Si vous possédez un ancien modèle, assurez-vous que le mode enclenché soit bien adapté à la saison et que la température de départ ne soit pas trop élevée.

Il va de soi qu’il ne suffit pas de bien régler votre chaudière. Les instruments de régulation et le système de chauffage doivent être parfaitement coordonnés. Installez, par exemple, un thermostat d’ambiance programmable pour commander le brûleur de la chaudière. Ainsi, vous évitez que la chaudière ne fonctionne en l’absence d’une demande de chaleur. Si vous êtes branché nouvelles technologies, vous pouvez également envisager un thermostat intelligent.

Par ailleurs, il existe aussi des vannes thermostatiques à installer sur vos radiateurs, en complément du thermostat d’ambiance. Au moyen d’un détecteur, ces vannes règlent la température idéale dans chaque pièce séparément. Pratique, car il est inutile que votre chambre à coucher soit aussi chaude que votre salle de bains. Enfin, vous pouvez aussi fixer une sonde externe à un mur extérieur orienté nord. Cet appareil mesure la température extérieure de manière continue et envoie ces données à la chaudière, qui adapte automatiquement sa température à la météo. Notez que cette régulation climatique est intégrée d’office aux nouvelles chaudières.

Demandez à votre chauffagiste quel thermostat convient le mieux à votre chaudière. Il vous proposera un modèle compatible avec la régulation de votre installation.

2.4 Entretenir votre installation

Une fois votre installation de chauffage au point, il y a lieu de bien l’entretenir. Vous avez l’obligation de soumettre votre chaudière à un contrôle annuel.

L’entretien d’une chaudière est obligatoire, mais il est avantageux pour le consommateur. Elle vous permet notamment d’économiser 10 % sur votre consommation annuelle et d’être en règle avec votre assurance incendie.

Outre un contrôle annuel de votre chaudière, il importe de bien entretenir vos radiateurs. Purgez-les régulièrement, surtout s’ils produisent des bruits de sifflement ou de claquement. Ces bruits indiquent la présence d’air dans l’installation, ce qui fait baisser le rendement.

3. Quelques derniers points…

Ça y est, vous disposez d’une installation de chauffage et d’un logement parfaitement efficaces en énergie ? Bravo, vous êtes sur la bonne voie ! Envie d’aller encore plus loin ? Voici quelques astuces :

Le chauffage efficace et l’efficacité énergétique en général sont indispensables pour enrayer le réchauffement climatique et répondre aux objectifs 2020.

Et vous, êtes-vous prêt(e) pour l’avenir ?

*Ce coût global comprend tous les frais, des frais d’achat et d’entretien de l’installation jusqu’aux coûts liés au combustible et au financement.