Un avenir respectueux de l'environnement pour les chaudières au mazout

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L'actuelle génération de chaudières au mazout pourra bientôt fonctionner à base de combustibles renouvelables et respectueux de l'environnement. C'est la conclusion d'Informazout après une visite à l'Institute of Technology de Karlsruhe (KIT). La transition énergétique vers des combustibles liquides, climatiquement neutres, se rapproche de plus en plus. Dans un premier temps, ces « e-fuels », comme on les appelle, seront mélangés aux combustibles fossiles existants, mais ils les remplaceront à terme.

Des scientifiques allemands, déjà primés pour leurs recherches, développent un combustible de synthèse climatiquement neutre, issu de l'électricité renouvelable et du dioxyde de carbone. Il s'agit d'une première mondiale pour Ineratec, une spin-off du KIT. En effet, celle-ci a été la première à mettre en œuvre les quatre premières étapes qui permettent la transformation de l'électricité en combustible vert au travers d'une seule installation.

Une interdiction peu réfléchie

Les deux installations pilotes du KIT, Bioliq et P2X, ont récemment reçu la visite d'une délégation d'Informazout et de plusieurs spécialistes du secteur du chauffage. A cette occasion, ils ont pu jeter un coup d'œil sur le futur et constater que les chaudières utilisant des combustibles liquides, comme le mazout, auront plus que jamais une vie après 2021. Après cette année, le gouvernement flamand souhaite en effet interdire les chaudières au mazout dans les nouvelles constructions et les rénovations profondes. Par ailleurs, les anciennes chaudières ne pourront plus être remplacées si la rue est connectée au réseau de gaz naturel.

Cette mesure (trop) draconienne, visant à réduire les émissions de CO2, est pourtant sur le point d'être dépassée par technologie. Les combustibles climatiquement neutres ne nécessitent pratiquement aucune adaptation des chaudières au mazout actuelles, ni de modification dans la distribution. Des applications « drop-in » sont aujourd'hui déjà possibles. Le mélange de combustibles renouvelables et de produits pétroliers constitue donc une option grandissante en vue de réduire les émissions. A terme, les combustibles fossiles seront même remplacés par les renouvelables et le consommateur pourra alors chauffer sa maison ou faire le plein de sa voiture. A plus grande échelle, Ineratec se concentre également sur les avions, car il n’existe encore aucune alternative verte au kérosène.

0,7 euro le litre

Les installations P2X d’Ineratec disposent de suffisamment d'électricité et d'air pour produire du combustible. Le CO2 libéré lors de la combustion du liquide transparent peut en outre être utilisé pour produire à nouveau du combustible. Le système dans son entièreté est donc climatiquement neutre. Il s'agit également de la première application commerciale à extraire du CO2 de l'atmosphère. L'autre installation pilote Bioliq utilise des déchets biogènes et transforme la paille en combustible vert. Cette installation est beaucoup plus grande que la P2X et nécessite environ 7 tonnes de paille pour 1 tonne de combustible. Le coût de production est estimé à environ 1,4 euro par litre pour Bioliq. Les installations P2X peuvent déjà produire ce combustible synthétique à une échelle industrielle pour un montant estimé à 0,7 euro le litre. Ce coût de production se rapproche sensiblement de celui du diesel conventionnel et du mazout qui fluctue autour de 0,5 euro par litre. Le seuil se réduit, nous rapprochant toujours un peu plus du rêve ultime d'un combustible respectueux de l’environnement pour le chauffage et la route.

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