Chauffage hybride intelligent : associez mazout et pompe à chaleur

En vigueur depuis janvier 2006, la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments vise à répondre aux défis énergétiques auxquels le monde est aujourd’hui confronté. En Belgique, cette directive a été traduite dans le droit national en 2010 sous la forme de réglementations PEB régionales. Conséquence ? Tout nouveau projet de rénovation doit répondre à des exigences de plus en plus strictes en matière d’énergie afin de de réduire au maximum la consommation énergétique des logements anciens.

Bien entendu, ces projets de rénovation supposent de choisir les bonnes sources d’énergie (du mazout aux énergies renouvelables) et les bonnes techniques (de la ventilation aux installations sanitaires). Cet article se penche sur la combinaison hybride d’une pompe à chaleur et d’une chaudière au mazout. Un tel système permet de réduire rapidement la consommation énergétique des logements existants, étant donné qu’on peut y raccorder pratiquement toute installation de chauffage. Une pompe à chaleur utilise la chaleur environnante (gratuite) pour chauffer votre logement et, éventuellement (en fonction du type de pompe), produire de l’eau chaude sanitaire. Quant à la chaudière au mazout, elle sert d’appoint durant les journées les plus froides.

Le chauffage hybride et l’avenir du mazout

L’avenir radieux du mazout

Dans un système hybride, le mazout a toujours sa place. Ce combustible est, en effet, plus durable qu’on ne le croirait. Tout d’abord, notons les progrès réalisés au niveau de sa composition, le mazout étant aujourd’hui pauvre en souffre et gage d’une combustion plus propre. En considérant le cycle complet, de l’exploitation à la combustion finale, le chauffage au mazout produit à peu près autant de CO2 que le chauffage au gaz naturel.

De plus, le rendement des chaudières au mazout va croissant, ce qui réduit leur impact environnemental. Une chaudière à condensation exploite au maximum les combustibles et récupère même la chaleur des gaz résiduels ; aussi son rendement avoisine-t-il les 100 %. Pour profiter encore plus de ce nouveau dispositif, combinez-le avec une pompe à chaleur : en période hivernale, une chaudière à condensation consomme jusqu’à 30 % de moins qu’un ancien modèle ; par temps chaud, la pompe à chaleur prend la relève, de manière à baisser de 60 % votre consommation énergétique annuelle et à réduire de moitié vos émissions de CO2 par rapport à une chaudière classique.

  • Si vous hésitez encore, nous vous conseillons de lire notre article sur l’avenir radieux du mazout.
  • Saviez-vous d’ailleurs que les réserves de mazout sont loin d’être épuisées ?
  • L’Union européenne veille, elle aussi, à la durabilité des installations de chauffage au mazout, en distinguant plusieurs classes d’appareils et en leur attribuant des labels énergétiques.
  • Vous hésitez à acheter un logement équipé d’une chaudière au mazout ? Cet article vous informe.
Le chauffage hybride et l’avenir du mazout

Les avantages du chauffage hybride

L’association d’une installation au mazout et d’une pompe à chaleur offre plus d’avantages qu’une pompe à chaleur en mode « stand alone » ou autonome. Ci-après, nous examinons ces avantages en réfléchissant au besoin de procéder à une rénovation énergétique approfondie, en comparant les différents rendements et en avançant les points faibles d’une pompe à chaleur autonome.

  1. Vous avez décidé de compter uniquement sur une pompe à chaleur électrique pour votre chauffage ? Dans ce cas, soyez prêt(e) à procéder à une rénovation énergétique approfondie. Mais attention, ces interventions sont très coûteuses. Vous débourserez en moyenne 50 000 euros pour transformer une enveloppe de bâtiment de 300 kWh/m2 en une enveloppe de 100 kWh/m2, par exemple. Si une rénovation approfondie s’avère techniquement ou financièrement impossible, mais que vous souhaitez quand même réduire à brève échéance votre consommation énergétique et vos émissions de CO2, vous avez intérêt à opter pour un système de chauffage hybride avec une pompe à chaleur.
    • Qui dit rénovation énergétique, dit isolation. Notez qu’il convient de respecter un certain ordre de priorité.
    • Bon à savoir : les travaux d’isolation donnent droit à plusieurs primes.
       
  2. Pour le compte d’Informazout, le bureau d’études indépendant Ph. Deplasse & Associés a calculé, sur une période de quinze ans, le coût total et les émissions de CO2 d’un système hybride composé d’une chaudière à condensation et d’une pompe à chaleur, et les a comparés à ceux d’une pompe à chaleur 100 % électrique. Résultat ? La première option affiche des émissions de CO2 qui sont près d’un tiers inférieurs à la seconde. De plus, le coût total d’investissement, de consommation et d’entretien d’une installation hybride est aussi plus faible que celui d’une pompe à chaleur air-eau 100 % électrique.
     
    • En savoir plus ? Sur notre blog, nous examinons plus en détail l’étude menée par le bureau d’experts Ph. Deplasse & Associés.
       
  3. Troisièmement, le chauffage hybride est synonyme de confort et d’un approvisionnement en énergie continu, présentant un bon rapport coût/efficacité. Certes, les énergies renouvelables sont synonymes de durabilité. Mais c’est votre chaudière au mazout qui vous garantit une température intérieure optimale, même lorsque le mercure est au plus bas. En effet, les pompes à chaleur fonctionnent le mieux à une température de départ inférieure à 60 °C et une température extérieure supérieure à 5 °C. Si, en hiver, vos radiateurs requièrent des températures de 60 °C ou plus pour chauffer votre logement, votre pompe à chaleur perdra son efficacité et devra s’appuyer sur la chaudière. De même, en cas de forte demande d’eau chaude, la puissance supplémentaire d’une source d’énergie classique s’avérera bien utile.

    De plus, une installation hybride vous permet, en hiver, de pallier les pics de puissance typiques des pompes à chaleur autonomes. Imaginez que 25 % des ménages belges décident de chauffer leur maison avec une pompe à chaleur. Dans ce cas, notre réseau d’électricité devrait fournir une puissance supplémentaire égale à celle de l’ensemble de nos centrales nucléaires actuelles. À cela s’ajoute la demande d’électricité normale en période hivernale. Bref, c’est la recette idéale pour provoquer des problèmes d’approvisionnement…

  • Cet article vous en dit plus sur le rendement d’un système hybride composé d’une pompe à chaleur et d’une installation au mazout.
  • La pompe à chaleur n’est pas le seul partenaire potentiel de votre chaudière au mazout. Vous pouvez également opter pour un système de chauffage hybride associant mazout et énergie solaire.
  • Envie d’un aperçu de tous les avantages d’un chauffage hybride ? Rendez-vous sur notre blog.
  • De nombreux Belges ont compris qu’un mix énergétique constitue le choix le plus malin. Plus de la moitié de nos compatriotes y donnent la priorité pour chauffer leur logement, d’après une enquête d’iVOX menée pour le compte d’Informazout.

Comment fonctionne une pompe à chaleur ?

La pompe à chaleur recourt principalement à la chaleur ambiante (75 %), le reste (environ 25 %) étant couvert par l’électricité. Elle puise cette chaleur dans l’air extérieur, dans le sol ou dans les eaux souterraines – autant de sources dont la pompe extrait l’énergie à basse température. Le compresseur présent dans la pompe à chaleur augmente cette température en utilisant de l’électricité. Cette composante, qui est donc responsable des 25 % tout juste mentionnés, convertit l’énergie électrique en énergie thermique. Enfin, le condenseur transfère l’énergie thermique accumulée vers le système du chauffage.

Fonctionnement

Voici un aperçu des composantes qui assurent le transfert thermique :

  • Le liquide de refroidissement absorbe la chaleur ambiante.
  • L’évaporateur extrait la chaleur du fluide caloporteur par évaporation.
  • Le compresseur compresse la vapeur et fait ainsi grimper la température.
  • Le condenseur refroidit la vapeur et la condense au moyen du fluide de refroidissement. Cette composante transfère ensuite la chaleur au système de chauffage.
  • Enfin, le détendeur assure le retour du liquide de refroidissement vers l’évaporateur, ce qui relance le cycle.

Types de pompes à chaleur et leurs avantages

Il existe trois façons de classer les pompes à chaleur :

  • en fonction de leur domaine d’application (chauffage et/ou eau chaude sanitaire),
  • en fonction de la technologie utilisée (compression ou absorption),
  • ou en fonction de la source de chaleur et du système d’émission de la chaleur.

Nous optons ici pour la troisième catégorisation. En fonction de la source, nous distinguons trois types de pompes à chaleur pour le chauffage central.

La pompe à chaleur air-eau ou aérothermique

1. La pompe à chaleur air-eau ou aérothermique

Une pompe à chaleur air-eau puise la chaleur dans l’air extérieur et peut être utilisée pour le chauffage comme pour l’eau chaude sanitaire.

  • Consultez notre blog pour en savoir plus sur ce type de pompe à chaleur, qui permet même de chauffer l’eau de la piscine.

Avantage ?

La pompe à chaleur aérothermique est appréciée pour son rendement particulièrement élevé par temps chaud. De plus, la pompe à chaleur air-eau ne nécessite pas de grand réseau de captation et s’installe sans frais ni travaux importants.

Inconvénient ?

Le rendement élevé en été est, malheureusement, contrebalancé par une baisse de rendement significative dès que le mercure extérieur chute en dessous des 5 °C. Vous avez donc intérêt à combiner votre pompe à chaleur avec une chaudière au mazout. Ce type de pompe à chaleur affiche, globalement, un rendement inférieur aux modèles sol-eau et eau-eau. De plus, vous ne pourrez pas l’installer n’importe où en raison des nuisances sonores qu’elle provoque.

La pompe à chaleur eau-eau ou aquathermique

2. La pompe à chaleur eau-eau ou aquathermique

Une pompe à chaleur eau-eau prélève la chaleur dans les eaux souterraines et peut servir au chauffage et à la production d’eau chaude sanitaire. En Belgique, ce modèle se trouve surtout dans les immeubles spacieux et dans l’industrie.

Avantage ?

Cela peut surprendre, mais la température de nos eaux souterraines reste assez élevée (et relativement stable) tout au long de l’année. C’est pourquoi, parmi toutes les variantes, la pompe à chaleur aquathermique affiche le meilleur rendement.

Inconvénient ?

L’installation de ce type de pompe nécessite des travaux de forage jusqu’à environ 100 mètres de profondeur, ce qui implique souvent l’obtention d’un permis. Cette option, en plus d’être coûteuse, est souvent techniquement irréalisable. Aussi trouve-t-on rarement des pompes à chaleur eau-eau chez les particuliers belges.

 En savoir plus sur la pompe à chaleur sol-eau

3. En savoir plus sur la pompe à chaleur sol-eau ou géothermique

La pompe à chaleur sol-eau, enfin, extrait la chaleur d’un réseau externe horizontal ou vertical. À l’instar des autres modèles, elle peut couvrir vos besoins en chauffage et en eau chaude sanitaire.

Avantage ?

Tout comme la pompe à chaleur eau-eau, la pompe à chaleur sol-eau vous permet de profiter d’une source d’énergie de température stable. En effet, à une profondeur de 20 à 30 mètres, le sol présente une température constante, variant entre 10 à 14 °C.

Inconvénient ?

Dans certaines communes, les travaux de forage à plus de 150 mètres de profondeur sont soumis à l’obligation de notification ou d’autorisation.

Le chauffage hybride avec pompe à chaleur : une solution pour vous ?

Maintenant que vous en savez plus sur le fonctionnement des pompes à chaleur, sur les différents types de pompes et sur les avantages d’une combinaison avec du mazout, vous réfléchissez peut-être à installer un système hybride chez vous. Nous vous recommandons ce choix si vous souhaitez réduire à brève échéance votre consommation d’énergie et vos émissions de CO2, sans avoir les moyens pour une rénovation énergétique approfondie. Saviez-vous que vous pouvez combiner une telle installation de chauffage avec vos radiateurs et votre plancher chauffant ?

Vous optez pour une pompe à chaleur ? Dans ce cas, ne perdez pas de vue le COP (coefficient de performance, coefficient of performance en anglais) et le SPF (facteur de performance saisonnier, seasonal performance factor). Le premier chiffre vous renseigne sur l’efficacité avec laquelle votre pompe à chaleur convertit son énergie électrique en énergie thermique ; il renvoie ainsi au nombre d’unités d’énergie thermique restituées par unité d’électricité. Choisissez un COP au moins égal à 3. Quant au SPF, il évalue la performance de la pompe à chaleur sur une durée de 365 jours. Le facteur de performance saisonnier tient donc compte du fait que le rendement des pompes à chaleur air-eau baisse considérablement en cas de gel.

Enfin, il est bon à savoir que le gestionnaire du réseau accorde une prime pour les pompes à chaleur, jusqu’à hauteur de 40 % du montant de la facture. Gardez toutefois à l’esprit qu’un système de chauffage hybride représente un investissement non négligeable. Le prix d’une installation constituée d’une chaudière à condensation au mazout (label A) et d’une (petite) pompe à chaleur air-eau, par exemple, varie entre 10 000 et 15 000 euros.

  • Découvrez les primes à la rénovation auxquelles vous avez droit en fonction de votre situation.
  • Vous souhaitez un aperçu de tous les points de vigilance pour savoir si une pompe à chaleur pourrait vous convenir ? Parcourez notre checklist !

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