Chaudière au mazout et émissions de CO2 : discerner le vrai du faux

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émissions de CO2

Les objectifs fixés par la stratégie Europe 2020, un programme de l’Union européenne destiné à mettre un terme au changement climatique, nous imposent aujourd’hui de mettre les bouchées doubles en matière de climat. Quels sont ces objectifs ? Porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique globale de l’UE, améliorer de 20 % l’efficacité énergétique par rapport aux prévisions actuelles pour 2020 et réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % par rapport aux niveaux de 1990. Les principaux gaz à effet de serre sont le méthane (CH4), le protoxyde d’azote, la vapeur d’eau et le CO2. Intéressons-nous de plus près à ce dernier, sans doute le plus connu de tous, et analysons la quantité de CO2 émise par les chaudières au mazout.

Qu’est-ce que le CO2 exactement ?

On raconte beaucoup de choses au sujet du CO2, le gaz à effet de serre jouissant probablement de la plus grande « notoriété », mais peu savent en réalité ce qu’est exactement le CO2 et quelle est son action sur le climat. Le CO2 ou dioxyde de carbone, parfois appelé gaz carbonique, est un gaz incolore et inodore présent dans les combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz naturel ou propane) qui se dégage dans l’atmosphère au cours de leur combustion.

Le CO2 absorbe en réalité les rayons infrarouges, de sorte que le rayonnement à grande longueur d’onde émis par le soleil n’est plus renvoyé vers l’espace, mais stagne dans l’atmosphère terrestre. Résultat ? La Terre se réchauffe.

Comment le dioxyde de carbone est-il produit ?

Le CO2 est présent à l’état naturel dans l’atmosphère, mais sa quantité a considérablement augmenté au cours des dernières années. Cette augmentation n’est pas uniquement imputable à la combustion des énergies fossiles : d’autres activités et actes quotidiens en apparence inoffensifs contribuent à la hausse des concentrations. Vous rejetterez par exemple une tonne de CO2 dans l’atmosphère en effectuant sept fois le trajet Bruxelles-Paris en avion, en consommant 300 kg de papier, en parcourant 16 000 km en train et en respirant pendant 500 jours. Vous avez bien lu ! Lorsque nous respirons, nos poumons absorbent l’oxygène présent dans l’air et rejettent du dioxyde de carbone. Il faudra ensuite une année entière à cinquante arbres en pleine croissance pour réabsorber cette tonne de CO2 produite.

Combustion finale vs cycle de vie complet

Avant de nous intéresser de plus près au lien entre émissions de CO2 et combustibles fossiles, il est nécessaire de souligner que toutes les énergies fossiles sans exception rejettent du CO2 au cours de leur combustion. Les quantités libérées dans l’atmosphère varient cependant d’une énergie à l’autre. Lors de sa combustion, le mazout rejette par exemple davantage de dioxyde de carbone que le gaz naturel, mais ce dernier libère, outre le CO2, bien d’autres gaz à effet de serre et polluants dans l’atmosphère. De plus, l’impact d’un combustible fossile sur l’environnement ne peut uniquement être mesuré à la quantité de CO2 qu’il libère lors de sa combustion. Afin de dépeindre la situation de manière plus correcte, il est indispensable de prendre en considération le cycle de vie complet des énergies fossiles (de leur extraction à leur combustion finale), après quoi il ressort que le mazout et le gaz naturel sont en réalité sur le même pied en matière d’émissions de CO2.

Gaz à effet de serre et mazout, une évolution considérable

Enfin, les quantités de dioxyde de soufre émises lors de la combustion du mazout ont elles aussi diminué drastiquement ces dernières années. Depuis janvier 2016, le mazout de chauffage contient en effet 20 % de soufre en moins (la quantité exacte est passée de 0,1 % à 0,005 %). Grâce à cette « norme 0,005 % », le mazout se classe désormais dans la même catégorie d’émissions que le gaz naturel.